Se ronger les ongles
Se mordre les lèvres
Fumer clope sur clope
Avoir envie de boire plus que de raison
Sentir ce vide immence dans le creux de mon ventre
Essayer de recracher la boule logée dans ma gorge
Cette sensation d'oppression constante
Tenter de se persuader que
non ce n'est pas si grave
Etre parcourue de frissons
Se sentir comme morte lorsqu'il n'est pas là
Avoir envie de couper
Sentir les larmes monter lentement mais surement
Le malaise est presque palpable. Tout va si vite. La tete tourne. Tout va bien trop vite. C'en est insuportable. Tant de sentiments contradictoires contre lesquels lutter. La bataille s'annonce d'une violence inouïe et je sais d'avance que je n'en sortirai pas indemne. Une lutte sans merci entre ma fierté démeusurée et l'envie de tout lui dire. Tout. Si tout pouvait être aussi simple... Je me suis engagée dans une guerre tripartite. Un objectif commun. Un trésor qui ne se partage pas. Et je n'ai même plus la force de me battre. La partie n'est pas vraiment équitable. Apres avoir longtemps espéré puis douté, je dois désormais me rendre à l'évidence: c'est un combat perdu d'avance.
Qu'il est douloureux de s'avouer vaincue. J'ai préféré déclarer forfait plutôt que de ressortir plus meurtrie encore. Mieux vaut prévenir que guerrir, n'est-ce pas? Je préfère panser mon coeur dès maintenant ou je risquerais de ne pas me relever si je décidais d'engager les hostilités.
J'ai perdu. Je l'ai perdu. Et ça me tue. Ca me tue putain! De ne pas pouvoir le crier sur les toits. De ne pas pouvoir lui chuchoter au creux de l'oreille, de ne pas pouvoir lui hurler avec les yeux. *
je t'aime * Je reste là, penaude, inconsistante. Passive et blessée. Laissée pour morte dans le vide sidéral de mon propre corps pourissant. Desséchée.
Comme c'est frustrant de ne pouvoir poser de mots sur ce que l'on ressent. Tant de sensations, de sentiments tres complexes mais tellement humains. Tous les mots qui me viennent sont insipides, dérisoires. Je pourrais en ecrire des pages et des pages que je n'aurais pas fait le tour. Et je me rends compte que parmis les nombreuses possibilités que m'offre le dictionnaire un seul mot suffit à décrire mon état.
D O U L O U R E U X .
C'est tout simplement douloureux.
Oui, ça fait mal. Purement et simplement. Ca prend aux trippes et ça ne vous lâche pas. Comme évicérée. L'impression qu'on m'a arraché les intestins. Vidée. Comme un poisson. Ne reste que ma carcasse que je traine tant bien que mal.
Je ne suis pas grand chose. Sans lui je ne suis rien.